La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

jeudi 22 mars 2012

Le chien dans la lune : entre mythe et réalité

Dans la plupart des récits mythologiques, le chien étant à l’état sauvage se confond avec le loup. Ainsi, des récits de la mythologie nordique, l’Edda de Snorri Sturluson, qui évoque Managarm (chien de la lune) « un loup puissant qui se rassasiera du sang de tous les hommes à l’agonie, puis dévorera la lune et aspergera de sang le ciel et l’air tout entier. » Réjouissant. Pour le reste, nous avons assez peu de renseignements sur les autres chiens ayant un lien avec la lune, sinon qu’ils sont des animaux plus pacifiques, comme ceux qui accompagnent l’homme de la lune.





Laïka, Belka, Strelka, Ptchelka, Mouchka, Tchernouka et Zvezdochka

Laïka
Novembre 1957
Spoutnik 2 envoie la première chienne dans l’espace : Laïka.

Août 1960
Spoutnik 5 transportait deux chiens, Belka et Strelka, quarante souris, deux rats et plusieurs espèces de plantes. Ils furent tous récupérés sains et saufs le jour suivant. C'était le premier vol spatial qui ramenait ses occupants vivants pour l'union soviétique.
 
Décembre 1960
Spoutnik 6 transportait deux chiens, Ptchelka et Mouchka. Il fut détruit en vol par une charge explosive, tuant du même coup les deux animaux.

9 Mars 1961
Spoutnik 9 transportait un mannequin et la chienne Tchernouchka. Le retour fut un succès.

25 mars 1961
Spoutnik 10 transportait un mannequin et la chienne Zvezdochka. Le retour, après 101 minutes de vol et une révolution orbitale, fut un succès.

mardi 20 mars 2012

L’Homme de verre [Pl. 1]

Œuvre graphique à mi-chemin entre la BD et le livre d’images, L’Homme de verre est né d’un texte de Marc Simon écrit en septembre 1980, intitulé Les transparentes tribulations de Chris Tââl, homme de verre. Ce texte connut une première adaptation constituant le N°17 des Cahiers du rigolisme, revue d’humour variable et trimestriel fondée conjointement par les auteurs eux-mêmes.

Du point de vue narratif, il s’agit d’une simple boucle, un voyage en forme d’aller-retour : l’homme de verre tombe des étoiles inopinément. Après sa vertigineuse dégringolade sur le sol terrestre, le transparent déambule dans un paysage de montagnes, entre bois et forêts, écoute le « doux chant des grillons », serre la main d’un ami ver luisant ; il rit, cesse de rire, marche, trébuche, tombe, se relève, marche à nouveau – "des oiseaux passent dans son dos" - il dort, rêve, se réveille, se rendort… La nuit fait place au jour, le soleil à la lune et l’argent à l’or. Il se saoule de lumière, étincelle, avale le soleil comme un bonbon jaune. "Sa mâchoire éclate en une poussière d’or". Puis revient la nuit. L’homme de verre reprend sa déambulation, rit, cesse de rire, marche, trébuche, tombe, se relève, marche de plus belle – "ses rêves désaltèrent la gorge des hiboux" - il dort, rêve, se réveille, se rendort…Avant de rejoindre les étoiles. Un conte à dormir debout, pour enfants de tous âges.

Peu après cette publication, Rémy Leboissetier (aka LL) aborde le dessin d’animation, domaine d’activité qui occupera plus de vingt années de sa vie professionnelle. Ayant acquis au cours de cette période une meilleure maîtrise des volumes, de l’espace et du rythme, il porte un regard un peu attristé sur l’édition de ce conte, retravaille les dessins estimés maladroits, les peaufine à ses moments gagnés sur l’industrie cinématographique, réadapte le texte original... Mais entre deux contrats de production, la passion de l’écriture prend invariablement le dessus et les ébauches du nouveau projet sont abandonnés puis rangés dans les cartons. Mais un jour on se dit qu’il faut nécessairement secouer l’Endymion qui dort en nous d’un bienheureux sommeil éternel et tenter d’y apporter une clause de résiliation (vous remarquerez que votre lièvre précieux se répète en toute connaissance de cause). Sans cesser de rêver, il convient toutefois de reprendre le crayon, de sentir sous ses doigts l'odeur de graphite et de l'encre. Et puisqu’il faut bien un prétexte, fût-il mince, le support de ce blog servira d’état de veille : d’une planche à l’autre, d’une esquisse à sa mise au propre, il apportera témoignage de la nouvelle galerie de l’évolution de L’homme de verre. En voici l’image d’ouverture.


dimanche 18 mars 2012

Endymion ou la vaine beauté d’une jeunesse éternelle


Séléné, fille des Titans Hypérion et Théia, sœur d’Hélios (Soleil) et d’Éos (Aurore), fait partie de la triade des divinités lunaires de la mythologie grecque. En règle générale, elle symbolise la pleine lune (la naissance), tandis qu’Artémis correspondrait au croissant lunaire (la maturité) et Hécate à la nouvelle lune ou lune noire (qui fait de cette dernière une déesse des Enfers, magicienne et divinatrice).

Séléné est fréquemment associée à Phœbé (elle-même associée à Artémis), autre Titanide, fille du ciel Ouranos et de la Terre Gaïa, ainsi qu’à Diane (elle-même appelée Cynthia). Selon les circonstances, le jour et l’heure, les conditions de température et de plasticité, Séléné devient donc Phœbé, Artémis, Diane chasseresse à l'arc d'or et aux flèches d'argent. Ce sont les différentes facettes d’un même astre, de forme variable et de caractère changeant. Lunatique, évidemment.


Parmi les amants de Séléné, la déesse de la Lune, figurent Pan, Zeus (mais lui, il les conquiert toutes) et Endymion. Ce dernier, parfois présenté comme le roi d’élide, mais plus souvent comme un chasseur ou simple berger, frappe Séléné par sa beauté. Entre Hespéros et Phosphoros, respectivement étoiles du soir et du matin, la déesse de la Lune décide de figer Endymion dans un sommeil éternel, qui le soustrait aux lois temporelles du vieillissement et de la mort.

Les représentations du mythe sont très nombreuses, et vous aurez ici une vision tour à tour antique, pompière, maniériste, baroque, classique, romantique de la déesse de la Lune et de son fidèle berger, devenu objet de contemplation et de soumission (à l’amour et aux étudiants d’académie d'antan).



L’œuvre de chair n’est pas démontrée, mais on nous dit tout de même que Endymion eut de Séléné 50 filles – le berger n’était pas entièrement de bois et Séléné, de marbre – ce qui correspondrait aux 50 mois lunaires qui séparent chaque session des Jeux Olympiques (qui veut compter ?) Enfin, la tombe de cet amant éternel se trouverait précisément à Olympie. Les paradoxes sont nombreux dans la mythologie grecque, mais cela signifie sans doute que le décret d’éternité possède une clause de résiliation (surtout vers la fin). Endymion aura-t-il emporté la beauté de sa jeunesse dans la tombe ? Serait-il devenu post mortem le gigolo d’Hécate ?

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
ce sera tout pour aujourd'hui