La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

samedi 25 juin 2011

La vision torimulquienne du monde [Venus d’ailleurs XIII, juin 2011]


Le numéro XIII de la revue Venus d’ailleurs est arrivé avec le nouveau solstice ! Pour cette livraison estivale dédiée à CARNAVAL, votre lièvre précieux a choisi de jargonner sur la base d’un texte des Fragments posthumes de Friedrich Nietzsche. Tout en se voulant respectueuse de la syntaxe et de la structure originales de l’œuvre du philosophe, La vision torimulquienne du monde introduit un lexique parallèle dont le glossaire se retrouvera en ligne sur le site des éditions Venus d’ailleurs (rubrique Courts et Libres). L’extrait qui se trouve dans la revue pourra ainsi, pour ceux qui le souhaitent, être élucidé et rétabli dans sa version primitive (traduite de l’allemand par Lionel Duvoy pour les éditions Allia). 
L’ensemble du texte jargonné, qui comporte quatre chapitres, reste en phase d’élaboration : il sera mis en ligne progressivement et fera au final l’objet d’une édition spéciale.

mercredi 22 juin 2011

Greguerías, Ramón Gómez de la Serna [éditions Cent Pages, 1992]

Sélénographe et sénophile (mais la lune n’est-elle pas ce sein originel dont la terre s’est nourrie ?), Ramón Gómez de la Serna (né à Madrid en 1888, mort à Buenos Aires en 1963) est assurément l’un des derniers "monstres" de la littérature. Monstrueux d’abord par l’ampleur de son œuvre, qui compte plus d’une centaine d’ouvrages, ensuite parce que RGDLS (on simplifie) est l’exemple de l’écrivain véritablement possédé par l’écriture et accaparé par la littérature (ce qui signifie œuvrer pour elle et contre elle, se défendre de n’être qu’un littérateur) : ses premiers textes remontent à 1904 et semblent s’achever avec Lettres à moi-même en 1956 (son autobiographie Automoribundia, datée de 1948, est toujours indisponible en français). Sans entrer dans les détails de son œuvre et de sa vie, qui déborderaient largement du cadre de cette communication, votre lièvre précieux a choisi de se concentrer sur un type de forme brève, un genre littéraire que RGDLS a nommé "greguería".

Qu’est-ce que la greguería ? Le terme espagnol étant très nuancé, sa traduction demeure aléatoire (il signifierait "criaillerie, cri confus" ou bien encore "clameur dont on ne saisit pas l’articulation"). De forme concise, excédant rarement une phrase ou deux, la greguería est déliée de toute opinion, pensée morale ou autre spéculation intellectuelle. "Pour surprendre le secret de polichinelle des greguerías, nous dit l’auteur, "il faut commencer par rappeler notre âme à sa bonté et à sa crédulité premières". Nous sommes là un peu dans le secret des origines, sur un mode poético-archaïque. Les greguerías ressemblent (remontent ?) en quelque sorte à un métalangage, tel qu’un enfant au fond pourrait en saisir la formule, avec une candeur naturelle et sensorielle. Tout est dit en peu de mots, dans la primeur de son énoncé, qui emprunte souvent la voie de l’analogie : "La pomme de terre est un minerai végétal". La greguería est ainsi faite, au cas par cas, offerte pour l’occasion : il faut l’avaler d’un trait. Considérons que Ramón se sert pour préparer la recette de sa greguería de deux ingrédients principaux : humour + métaphore, qui en assurent le produit-base, puis sa mise à disposition. Selon lui, il s’agirait d’une espèce de chimie, de science du dosage. Mais au final, la solution — le soluté — est à trouver chez l’auteur même : "Une greguería", nous confie-t-il, "c’est le serpenteau de la pensée." Ajoutons que la pensée, chez Ramón, ne prétend poser aucun problème : elle propose plutôt d’adopter un regard neuf sur tel ou tel sujet d’observation, et que le serpenteau qui le fait jaillir fait l’effet d’un bain révélateur, qui fonde sa propre imagerie, celle d’un "imagisme" ramonien donnant au lecteur droit de vacance.

Sélection de greguerías lunaires :

Le poète se nourrit de croissants de lune.

La lune est une banque de métaphores en faillite.

L’un des plus beaux spectacles de la Nature est de voir la lune avaler une chauve-souris.

La lune baigne les sous-bois d’une lumière de cabaret.

La lune est une pierre tombale sans épitaphe.

La pleine lune après l’orage est un œuf poché.

Une médaille d’argent, c’est la lune qui se cache dans un décolleté adolescent.

La lune est la lavandière de la nuit.

 Ramon en compagnie de son mannequin de cire

La lune placarde des pamphlets vierges sur son chemin.

Il y a des nuits où nous nous rendons compte que la lune a été assassinée.

La lune est la femme qui porte les talons les plus hauts.

Certaines nuits, la lune se pare d’une étoile qui lui vient de sa grand-mère.

Tranche de pastèque : lune de sang.

La lune est pleine d’objets perdus.

La lune : actrice japonaise dans le silence de son monologue.

Il est clair certains soirs que la lune a passé son après-midi chez l’esthéticienne.

La lune, elle, est pleine de lapins blancs.

Lune : pharmacie de garde dans la solitude de la campagne.

La lune se fait des anglaises dans les magnolias.

Les nuages se jettent sur la lune comme des lions, mais ils ne peuvent la dévorer.

En regardant la lune, nous louchons de solitude.

Qu’y a-t-il sur le toit du monde ? Plein de balles d’enfants.


Traduit de l’espagnol par Jean-François Carcelen et Georges Tyras


Sur le WEB :
Un site consacré à l’écrivain, qui fourmille d’informations bibliographiques et documents iconographiques, dont 19 bulletins édités téléchargeables (langue espagnole)
Sous le titre El Aleph de Ramon, Rrose Selaby a réalisé des inventaires à partir des images qui recouvraient les murs de l’espace de travail de l’écrivain, y ajoutant (ou non) des commentaires. Un lien vivement conseillé par le lièvre lunaire !

dimanche 19 juin 2011

Foreign Legion, Tin Hat [Bag Productions, 2010]

Créé en 1997 autour de Carla Kihlsdedt, Rob Burger, Mark Orton, Tin Hat trio a souvent étendu sa formation en y associant d’autres musiciens. Mike Patton, Tom Waits, Trevor Dunn et Willie Nelson ont ainsi participé à leurs enregistrements.

Rob Burger (accordéon, piano) ayant quitté le trio fin 2004, Tin Hat est devenu un quartet à géométrie variable avec le clarinettiste Ben Goldberg et la harpiste Zeena Parkins, qui apparaissaient déjà sur certains de leurs disques (5 aujourd'hui, dont ce Foreign Legion, qui est en fait une sélection de titres enregistrés en public). Ils ont pris aussi sous leur chapeau (un mini chapeau) Ara Anderson, multi-instrumentiste (trompette, glockenspiel, piano, percussions), qui a ces dernières années accompagné Tom Waits.

Zeena Parkins/Mark Orton/Ara Anderson/Ben Goldberg/Carla Kihlsdedt




Tin Hat construit et déconstruit, tricote et détricote une musique « subtile, introspective et généreuse », selon leurs propres termes. Une musique de chambre qui sort de l’ordinaire pour faire de la culture plein champ, entièrement acoustique, nourrie de diverses traditions folk américaines et est-européennes, en combinant la composition et l’improvisation avec une même exigence de qualité. Tin Hat a surtout, hors de cette fusion précieuse de styles et de genres, adopté un parti pris d’élégance (tant par les textures sonores que les arrangements) qui doit beaucoup à la voix et au violon de Carla Kihlsdedt, ainsi qu'au jeu rythmique particulier du guitariste, dobroïste Mark Orton. Deux exemples confirment cette ouverture : Sad machinery of spring produit en 2007, s’inspire de Bruno Schulz (écrivain et dessinateur important, né en Pologne en1892, assassiné par la Gestapo en1942), tandis qu’ils travaillent à présent autour de l’œuvre du poète et peintre américain Edward Estlin Cummings (1894-1962). Entre Amériques (pluriel justifié par certains rythmes latins) et Europe, leurs compositions qui mettent en balance de nombreuses influences se fraient une voie personnelle, pleine de finesse et d'intelligence. Cette attention particulière se retrouve bien sûr dans leur musique, tantôt joyeuse, tantôt mélancolique, sobre et fertile, curieuse et captivante.

jeudi 16 juin 2011

La Lune : voyages et spéculations X [1957-1969, de Spoutnik 1 à Apollo 11]

< 57
Pierre Boulle (1912-1994)
Les Luniens, nouvelle (in E=MC2), 1957
Le jardin de Kanashima, 1964
Quand le premier V2 s'élança dans le ciel, en 1942, l'état-major allemand ne pensait qu'à le faire retomber sur une ville anglaise alors que son inventeur, le savant Von Schwartz, ne rêvait que de le maintenir sur son orbite. Viennent la fin des hostilités et le début de la compétition interplanétaire. L'équipe de Von Schwartz a essaimé et, chacun de ses membres, au service du pays qui l'emploie, reprend la grande idée initiale : mettre le pied sur la lune. Mais le tout n'est pas d'y aller, il faut en revenir. Ce sont les Japonais qui trouvent les premiers la solution au problème grâce au Docteur Kanashima, responsable du programme spatial de son pays. Notons que dans l’action de ce roman, l’alunissage se produit en 1970.
 
Le roman de Pierre Boulle s’appuie en partie sur des faits réels, notamment sur la confrontation russo-américaine de l’époque : le lancement du premier satellite Sputnik en octobre 1957 fut vécu comme un véritable traumatisme par les États-Unis. Il prouvait, selon eux, que les Soviétiques possédaient la technologie pour envoyer un missile nucléaire sur le continent américain. Si le lancement de ce satellite (sphère de 58 cm de diamètre, pesant 83,6 kg) apparut comme un simple évènement, il a marqué le début de la course entre les États-Unis et l'URSS pour la conquête de l'espace.



< 58
Clifford Donald Simak (1904-1988)
Les épaves de Tycho (The Trouble with Tycho), nouvelle, 1961
Clifford D. Simak fut instituteur puis journaliste, avant de se tourner vers l’écriture. Comme beaucoup d’autres auteurs américains de science-fiction, il commença à publier des nouvelles dans les pulps magazines.

Les épaves de Tycho est l’une des trois nouvelles réunies dans ce livre éponyme :

Petit prospecteur lunaire, Chris Jackson rêve à l'uranium, aux diamants qu'il découvrirait sans doute s'il pouvait descendre dans le cratère éteint du volcan Tycho — lieu tabou, lieu interdit depuis que trois expéditions y ont disparu sans laisser de trace. En compagnie de l'intrépide Amelia Thompson, Chris Jackson va transgresser la loi. Mais tandis qu'ils descendent en tracteur les trois cents mètres de parois abruptes, d'étranges phénomènes se produisent : des essaims de clèbes* étincelantes les harcèlent, un nuage de lumière insoutenable roule au-dessus d'eux. Et soudain un éclair de feu grille tous les circuits de leur véhicule. Ils veulent fuir à pied quand un diamant monstrueux se forme sous leurs yeux et leur barre le passage...
Quatrième de couverture à l’édition française, J’ai lu SF, 1978

* Qui saurait me dire ce que sont ces clèbes ?…

< 59
René Barjavel (1911-1985)
Colomb de la lune, 1962
Le roman Colomb de la lune n’est pas, selon son auteur, à proprement parler un roman de science-fiction. Il s’agit bien d’un voyage vers la Lune, mais il n’y a pas de monstres extravagants ou d’extra-terrestres. Il raconte l’histoire de Colomb, au nom évocateur, dont il souligne d’emblée le caractère universel.

Parodiant les missions Apollo, il imagine que Colomb est envoyé sur la Lune à partir d’une base spatiale installée au Mont Ventoux. Et ce, alors même qu’aucun homme n’a encore marché sur la Lune ! Mais il s’agit surtout de l’aventure personnelle de Colomb,  et le voyage qu’il effectue est en fait un voyage au bout de lui-même et de ses rêves, au sein d’une fusée-œuf qui symboliserait le ventre maternel.

< 60
Italo Calvino (1923-1985)
Cosmiscomics (Le Cosmicomiche), 1963
Composé de douze récits, Le Cosmicomiche s’ouvre avec le texte intitulé La distance de la lune où nous faisons connaissance avec son narrateur Qfwfq, qui est vieux comme le monde et en connaît donc toute l’histoire. Avec sa fantaisie habituelle, appuyée par une intelligence remarquable, Italo Calvino nous conte la naissance et la formation de l’univers, jongle avec les concepts…En ce qui concerne la Lune, Qfwfq nous parle d’un temps très ancien où celle-ci était encore très proche de la terre, à tel point qu’il suffisait d’y aller en barque et d’y appuyer une échelle à crampons pour y monter :



"L’endroit où la Lune passait au plus près se trouvait au large des écueils de Zinc. Nous y allions dans ces petites barques avec des rames dont on se servait alors, rondes et plates, faites en liège. On y tenait à plusieurs : le capitaine Vhd Vhd, sa femme, mon cousin sourd, et moi-même, et aussi quelquefois la petite Xlthlx qui devait avoir à l’époque environ douze ans. Ces nuits-là, l’eau était parfaitement calme, et argentée, on aurait dit du mercure, et dedans les poissons étaient violets, et, ne pouvant résister à l’attraction de la Lune, ils venaient tous à la surface, ainsi que les poulpes et méduses couleur safran. Il y avait toujours un nuage de menues bestioles — des petits crabes, des calmars, et aussi des algues légères et diaphanes et des larmes de corail — qui se détachaient de la mer et finissaient dans la Lune, suspendues à ce plafond calciné, ou bien qui restaient en l’air à mi-chemin, en une nuée phosphorescente, et que nous écartions en agitant des feuilles de bananier."

Toute cette partie concernant la Lune nous fait reconsidérer les récits souvent graves (ou involontairement comiques) des époques antérieures. Italo Calvino adopte ici un ton qui renoue avec une littérature très ancienne, d’une imagination et poésie plaisantes à ravir, tout en faisant preuve de modernité. Un livre que le lièvre ne peut que vous conseiller ! Au passage, j’adresse un vif remerciement à Aldebarande qui m’a rappelé ce titre, que j’ai exhumé de mes rayonnages.

< 61
Robert Anson Heinlein (1907-1988)
L’homme qui vendit la lune, 1950 nouvelle (in Histoire du futur I)
Révolte sur la lune (The moon is a harsh mistress), 1966
Heinlein est l’un des pères de la science-fiction moderne et, à ce titre, aurait pu figurer plus en amont de cette sélection : son premier texte dans ce genre remonte à 1939 (publié dans Astounding Science-Fiction de l’éditeur John W. Campbell en 1941) et il participe activement à la création du film Destination... Moon ! réalisé par Irving Pichel en 1950, adapté de l’un de ses romans, projet que Fritz Lang avait d’abord engagé en collaboration avec l’écrivain. Un cratère lunaire porte le nom d’un personnage de ses livres.

Quoi qu’il en soit, son roman Révolte sur la lune qui nous sert de référence le fait entrer ici, en fin d’anthologie. Mais réflexion faite, le sujet de la colonisation de la Lune, en dehors de toute autre considération sur l’avenir de celle-ci, nous paraît en adéquation avec la réalité :

En 2075, la Lune est un front pionnier peuplé de déportés et surtout de descendants de déportés. La vie est rude, mais il y a du travail pour tout le monde. La supériorité numérique des hommes sur les femmes (deux pour une) a suscité la création d'une société où la polyandrie est la norme. L'Autorité Lunaire gouverne ces colonies par l'intermédiaire d'un « Gardien » doté d'une force de police très réduite. Il intervient en fait que très peu dans les affaires d'une colonie dont la seule obligation est de catapulter, jour après jour, une partie de sa production agricole à une Terre surpeuplée.

< 62
Apollo 11, 1969 
L’empreinte de l’homme sur la lune marque symboliquement la fin de nos voyages lunaires. En revanche, cette présence attestée de l’homme sur la lune (que de rares terriens persistent à mettre en doute) relance les conjectures liées à la colonisation de l’astre, dont les projets de construction de stations spatiales, plusieurs fois abandonnés ou reportés. Toutefois, les États-Unis ont annoncé par la voix de la NASA la reprise des vols habités et se montre favorable à une coopération internationale pour une installation durable sur la lune. En premier lieu, on s’intéresse à l’exploitation de certaines ressources présentes en abondance sur la Lune, comme l’helium-3. Par ailleurs, l’implantation d’une base lunaire servirait de poste avancé pour partir à la conquête d’autres régions de notre système solaire. D'ici 2025, on pense que cette base sera de taille significative, capable de soutenir 4 personnes.



Avec ce programme, une nouvelle ère s’ouvre donc pour la Lune, qu’il ne m’appartient pas de prophétiser (sauf à être la proie de nouveaux chasseurs !) À ce stade de l’évolution, votre lièvre précieux, indigène non encore colonisé, rejoint donc discrètement son terrier afin d’établir une version finale, étendue, revue et corrigée des Voyages lunaires et de leurs conjectures. L’affaire reste donc à suivre… ici même.


dimanche 12 juin 2011

La lune : voyages et spéculations - complément visuel SF [1950-1964]

 






Votre lièvre précieux affirmait dans son article précédent que la science-fiction avait délaissé la lune... De manière générale, cela est vrai, même si bien des années auparavant, les auteurs lorgnaient déjà vers Mars, Venus, Jupiter ou Sirius...



 









Cependant, pris de scrupule et d’un brin de nostalgie, il s’est mis en quête de quelques ouvrages du genre,  comme pour s'assurer que son astre principal (réside-en-ciel) n’avait pas été complètement oublié par ces nouveaux pionniers de l’espace...

vendredi 10 juin 2011

Ixchel [déesse maya]

Dans la mythologue des Mayas, IXCHEL ou IX CHEL, dont le nom signifie Dame (ix) - Arc-en-ciel (chel), apparaît d’abord comme la déesse des eaux. Elle est aussi déesse de l’amour, de la maternité, de la lune et de la médecine. Les Mayas considéraient qu'elle avait inventé l'art du tissage. Dans certaines représentations, elle est accompagnée d’un lièvre (ce qui laisse à penser qu’elle est réellement associée aux phénomènes de fertilité des cycles lunaires).

Dans ses attributions comme dans son apparence, IXCHEL est ambivalente et semble ainsi symboliser la croissance et décroissance de la Lune : sous son aspect bienveillant, c’est une jeune femme de grande beauté, de l’autre, elle se présente comme une vieille femme ridée aux doigts crochus avec un serpent enroulé autour de sa tête, vêtue d’une robe décorée d’ossements, qui déverse sa "cruche de colère" sur le monde.

Contrairement aux Européens, pour qui l'arc-en-ciel véhicule des connotations positives, les Mayas le craignaient et croyaient qu'il avait son origine dans les puits à sec, qu'ils appelaient l'anus de l'Inframonde. Dans le Codex de Dresde, IXCHEL est associée au déluge, considérée comme la cause des destructions des tempêtes tropicales et des inondations.


Timothy Harley, dans Moon Lore, émet l’hypothèse que IXCHEL pouvait figurer la phase particulière de décroissance de la lune (souvent appelée "notre grand-mère"), en relation éventuelle avec la diminution de la fertilité et stérilité de la vieillesse. Mais votre lièvre précieux préfère croire au génie de métamorphose d’une déesse douée du pouvoir d’être successivement et perpétuellement jeune femme, mère et grand-mère, selon le rythme du temps...