La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

jeudi 29 avril 2010

lundi 26 avril 2010

Microbarts


MICROBES DE L'ART
dessins semés
jetés / offerts
échangés
perdus / retrouvés
instantanés
réussis ou ratés
empreintes / motifs
tache de vin
marge de cahier
rond de bière
fruit de rencontre
fleur d'ennui
monnaie de songe...

mardi 20 avril 2010

Tochtli [le lièvre aztèque]


Dans la civilisation des Aztèques, le lièvre — tochtli — est le huitième des vingt signes de jour, un signe du bonheur. Dans les Codex correspondants, le lièvre est représenté sous la forme d’un hiéroglyphe en "U" correspondant à la lune.


Les mythologies aztèques autant que mayas font figurer le lièvre comme résident de la Lune, comme en Chine, au Japon, ainsi que dans l'espace indo-bouddhiste.

samedi 17 avril 2010

Le lapin kafkaïnomane


31. Le puits

Au terme d’un long mois, tu arrives au mitan du parcours (et de ta vie), à la dangereuse Patte d’Oie. À ce maudit carrefour – naïf que tu es – tu te jettes dans le puits pour attraper la lune. Y a-t-il moyen d’en sortir que d’y attirer un autre lunatique ? Oui, il existe deux issues secrètes, philémoniennes et triangulées : si tu souhaites tenter le coup, tu lances le premier dé puis le deuxième : par 1 puis 2, tu passes de l’autre côté du miroir merveilleux, en case 3 ; par 2 puis 1, tel un lapin kafkaïnomane, tu sors hébété du Terrier Ténébreux, en case 62.

Rémy Leboissetier, Nouvelles règles d’un nouveau Jeu de l’Oie, VdA N° 3 
(en savoir +)
 

mardi 13 avril 2010

Museum of Dannys, Danny Cohen [Tzadik]


Comment parler de Danny Cohen ? Difficile… D’abord, on ne connaît pas grand-chose du monsieur (en dehors du fait qu’il aurait commencé à jouer dans un groupe dès 1961). Toutefois, pour son propre bien, il faudrait lui rendre un service : envoyer à la poubelle la somme de superlatifs et de clichés employés par la plupart des critiques musicaux, tant amateurs que professionnels, et malheureusement trop bien intentionnés. Ce genre de langage, appliqué à d’autres musiciens jugés singuliers ou "frappadingues" nous renseigne peu, comme s’il fallait être soi-même sérieusement "dérangé" pour apprécier pleinement les compositions de Danny Cohen et entrer dans le club de ses auditeurs psychotiques privilégiés. Certes, on est vite convaincu à l'écoute que l’Ange du bizarre a croisé sa route, mais essayons d’être plus objectif, d’autant que Danny Cohen n’est pas dupe de l’image qu’il véhicule (compte tenu de la dose d’humour noir qu’il inocule et de son goût de l’autodérision avancée).

D’abord, Danny Cohen, c’est une voix qui se distingue d’entre toutes, patiemment formée aux contorsions de ses arrangements : un contortionniste musical, d’un genre houdinien, qui parvient à se remettre miraculeusement en équilibre. Parce qu’il y a dans toute sa musique quelque chose de l’ordre de l’altération, du déboîtement, d’un dérèglement du sens rythmique. Un art complètement maîtrisé évidemment, taillé sur mesure (ingénieusement bricolé), alors que chacune de ses chansons semble faire naufrage. Ensuite il y a le son, comme vieilli en fût de chêne, de vieux sons organiques, fantomatiques et tremblotants, sonorités typiques d’instruments souvent poussifs et, dirait-on, eux aussi, mal réglés, en léger décalage harmonique. Danny Cohen tient du chaman et du taxidermiste. C’est en tout cas un maître de l’étrange, qui a raison d’être fier de son museum, auquel il nous donne ici droit d’entrée (et je vois bien que, malgré moi, au cours de cette chronique anachronique, j’ai aussi beaucoup trop subjectivé et adjectivé !)



Danny Cohen by Stephanie Bird
  • Disco 1 : Danny Cohen chez Anti records
  • Disco 2 : Article de Fabrice Fuentes sur le site pinkushion

samedi 10 avril 2010

Le lièvre lunaire changé en âne !

Pour l'exposition "écarts" à la galerie Angle art contemporain (du 3 avril au 31 mai 2010, Saint Paul-Trois-Châteaux), Rémy Leboissetier a lu des extraits de ESTOQUADES, suite de textes écrits en relation avec des dessins de l'artiste Yoan A. Gil.

Par le jeu de la métamorphose, votre lièvre précieux a donné libre cours à sa nature asinienne et compte bien rechausser ses sabots, endosser à nouveau sa jaquette pour repartir sur les sentiers abrupts de la Connaissance, si toutefois les chardons qu'on lui donne restent aussi piquants...



Grotesques caprices, édition-catalogue Venus d'ailleurs 
(en savoir +)

Expo : Angle art contemporain, St Paul-Trois-Châteaux

    La lune : voyages et spéculations II [1656 > 1703]


    < 8
    John Wilkins (1614-1672)
    Le monde dans la lune, divisé en deux livres, édition complète 1656
    The Discovery of a World in the Moon, 1638 - A Discourse Tending To Prove that 'tis probable there may be another habitable World in that Planet, 1640
     

    L'auteur imagine la Lune comme un monde habitable et prédit qu'un jour on pourra l’atteindre. Il prédit également l’invention des ballons, la navigation aérienne et les voyages interplanétaires. C’est un ouvrage qui avait pour but de populariser la vision de l’univers selon Copernic, Kepler et Galilée.

    < 9
    Cyrano de Bergerac (1619-1655)
    L’Autre Monde ou les Etats et Empires de la lune, 1657

    Le héros attache autour de lui quantité de fioles emplies de rosée, dont l’attraction du soleil lui permet de s’élever. Après une première tentative, partant de Paris, il s’échoue au Canada, ce qui lui confirme le phénomène de rotation terrestre, le soleil étant fixe comme un "noyau au milieu du fruit" (ce qui ne peut que déplaire aux partisans du dogme religieux, qui fait de la terre le centre absolu et le fondement de la Création). Le héros fabrique alors une machine, munies d’ailes mécaniques et comportant un ressort, machine dont il donne peu de détails. L’embrasement de fusées aide à propulser l’engin dans les airs et accéder à la lune.

    < 10
    Anne Mauduit de Fatouville, dit Nolant de Fatouville (?-1715)
    Arlequin empereur de la lune, 1684

    Comédie en trois actes jouée pour le roi de France à l’Hôtel de Bourgogne le 5 mars 1684.

    < 11
    Bernard de Fontenelle (1657-1757)
    Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686

    Au cours du deuxième et troisième soir de ses "Entretiens" avec la marquise de G***, Fontenelle disserte sur la lune et, au cours de sa discussion, évoque la possibilité d’une existence extra-terrestre et d’un futur voyage vers l’astre.

     





    < 12
    Aphra Behn (1640-1689)
    The Emperor of the moon, a farce, 1687

    Il ne s’agit pas exactement d’un voyage imaginaire vers la lune. Comme l’indique Florence March (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, études épistémè N°10, automne 2006), la farce "consiste en une mise en scène satirique de l’astronomie nouvelle et plus généralement de la science expérimentale", adaptée de la comédie de Nolant de Fatouville.

    < 13
    Gabriel Daniel (1649-1728)
    Voiage du monde de Descartes, 1690

    Cet ouvrage est une satire des théories de Descartes, écrite par un historiographe jésuite, qu’on peut très justement qualifier de "philosophie-fiction" (Jean-Luc Solère, N°4 de la collection "Uranie", Université de Lille, 1994).







    14
    David Russen (?)
    Iter lunare, or a voyage to the moon, 1703

    Peu d’informations. L’auteur utilise l’idée d’un engin pour catapulter le voyageur sur la Lune.


    à suivre...

    jeudi 8 avril 2010

    Microbarts




    MICROBES DE L'ART


    dessins semés
    jetés / offerts
    échangés
    perdus / retrouvés
    instantanés
    réussis ou ratés
    empreintes / motifs
    tache de vin
    marge de cahier
    rond de bière
    fruit de rencontre
    fleur d'ennui
    ornement
    gribouillis...

    mardi 6 avril 2010

    Graine d'étourdi


    Depuis les temps immémoriaux où son âme fut envoyée à la Lune, le lièvre a toujours été un peu tête en l’air, et d’oublier tantôt son chapeau, tantôt son parapluie… Sa confusion est grande : livré au pouvoir lunatique de l’inadvertance, il lui arrive de se tromper de terrier et, consécutivement à ses errances, d'en perdre parfois sa raison sociale et le réel motif de son existence. Dans son dialecte gallo natal, c’est un ustuberlu. Néanmoins, depuis sa période de levraut impubère, votre lièvre précieux avoue s’être raffermi et si son statut d’immortel sélénite admet encore quelques failles spatiales et syncopes temporelles, il en est la victime consentante, car il sait au fond que la "graine d’étourdi" existe bien, qu’elle possède des vertus régénératrices et fécondantes qui, contre toute mésaventure, lui procure d’incomparables agréments.

    Vous avez remarqué, sur la Terre, que la graine d’étourdi a peu de consistance, qu’elle est volatile et plus légère qu’un égal volume d’air. Dès qu’un grain se détache du corps d’un homme de cette espèce, au lieu de tomber à terre comme les autres, ou de rester suspendu à peu de distance, il s’élève dans l’air, semblable à ces exhalaisons que la chaleur volatilise et emporte dans l’atmosphère. À mesure que la graine d’Étourdi s’élève, à mesure elle se dessèche ; et plus elle se dessèche, plus son poids diminue, plus elle a de disposition à continuer de monter ; enfin quand elle est parvenue à la plus haute région de l’air, elle entre dans la matière subtile, où elle reste et est emportée, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, par les différents courants de ce fluide.

    •  Biblio : Charles-François Tiphaigne de la Roche, Amilec ou la graine d'hommes (1754) - réédition Grèges 2001

    dimanche 4 avril 2010

    La lune : voyages et spéculations I [vers 174 > 1638]



    < 1
    Lucien de Samosate (v.125-192)
    Histoire véritable, vers 174
    À la suite d’une tempête qui emporte leur vaisseau dans les airs, les navigateurs abordent une "grande île ronde et luisante suspendue en l’air". Ils y rencontrent Endymion, le roi de la Lune qui mène une guerre contre les habitants du soleil, dont le roi est Phaéton.
    2
    Dante Alighieri (1265-1321)
    La divine comédie, entre 1308 et 1321
    Au Chant III du Paradis, Dante monte avec Béatrice dans le Premier ciel qui correspond à la lune, occupés par les vœux non accomplis.

    < 3
    Ludovico Ariosto, dit L’Arioste (1474-1533)
    Orlando furioso (Roland furieux), poème épique, 1516 (éd. définitive 1532)
    Au chant XXXIV, le paladin Astolphe s’envole pour la lune sur un hippogriffe. Il rencontre St Jean qui l’emporte sur le char d’élie pour lui remettre la "fiole de folie" destinée à guérir Roland de sa colère.

    4
    Juan Maldonado, dit Maldonatus (1533-1583)
    Somnium, 1541
    Dans un essai inspiré du Songe de Scipion, Maldonatus, jésuite espagnol, raconte le songe d’une nuit d’automne de l’année 1532 (année de la comète) : c’est en contemplant le ciel du haut d’une tour des remparts de Burgos qu’il s’endort et commence à voler dans l’espace, livrant quelques impressions sur la Lune et ses jardins enchantés…

    < 5
    Anonyme
    Nouvelles des régions de la lune (Supplément du Catholicon), 1596
    Les quatre héros du livre (dont le narrateur), cherchant fortune, pénètrent dans une caverne qui les conduit aux Enfers. Escortés par un diable du lieu, ils découvrent au bout de leur traversée une cheminée qui leur permet, suite à un rituel extravagant de leur guide, de se transporter sur la lune.

    < 6
    Johannes Kepler (1571-1630)
    Somnium, le songe ou astronomie lunaire, 1634 (écrit vers 1610)
    L’histoire est le récit d’un rêve de son auteur : un certain Duracotus, astronome érudit, retourne au pays pour y revoir sa mère Fiolxhilde. Celle-ci, avant de mourir, lui révèle certains secrets. Tous les deux, à la faveur d’un "champ de force" lié à l’invocation d’esprits, effectueront un voyage pendant le temps d’une éclipse, pour aller sur une île nommée  "Levania" (la Lune).

     


    < 7
    Francis Godwin (1562-1633)
    The man in the Moone, 1638 (écrit entre 1617 et 1633)
    (The Man in the Moone, or A Discourse of a Voyage thither by Domingo Gonsales, the Speedy Messenger.)
    Harnaché à un attelage de vingt-cinq oies sauvages par lui-même dressées, le voyageur arrive sur la Lune au terme d’un voyage de douze jours et décrit la société utopique des indigènes "sélénites".





    à suivre...